Les chats, encore les chats et toujours les chats. Une jolie chatte écaille de tortue: "Pivoine" (c'est la fleur préférée de papa). Une grisounette: "pichenette", maman de "pirate" gris et blanc, le flibustier du jardin. D'origine gouttière: "question" parcequ'elle a la queue en point d'interrogation. Une maison de pierre, un jardin, une famille remplie d'amour. Un papa qui murmure à leurs petites oreilles, et retrace leurs aventures...et le reste...
Aïe aïe aïe...C'est fichu...Fini les câlins, fini les croquettes, il
va m'ignorer quelques jours. Je lui ai rapporté un oiseau du jardin.
Il est venu m'ouvrir la porte comme à chaque fois que je regagne la maison. Je
miaule ou je griffe un peu la vitre, et quoiqu'il fasse, il abandonne ses occupations et me fait rentrer. Quel amour...
Et soudain, je me suis rappelée qu'il ne veut pas que je chasse les
oiseaux du jardin. Mais c'est trop tard, il m'a vu. Je tenais entre mes mâchoires un beau petit rouge-gorge avec des pattes toutes fines; on l'appelle aussi "l'ami du bûcheron". Il n'y
a pas grand chose à manger, mais c'est tendre comme un sot l'y laisse.
Quand il a vu les plumes dépasser de mes moustaches, il m'a instantanément haîe.
Il m'a saisie la tête et forcée à lâcher prise. Il a tout essayé pour ranimer le petit animal mais c'était trop tard. Il le tenait dans ses paumes, une tristesse infinie dans les yeux.
Alors il m'a dit ce qu'il pensait de moi et de tous ceux de ma race. Il admet
que notre instinct soit le plus fort, il comprend que c'est un cadeau que je lui rapporte rien que pour lui. Il sait que je suis fière de ma prise et que je la ramène à la maison parceque c'est
là mon foyer. Mais il ne peut pas admettre qu'après avoir mangé une boîte de la télé et des croquettes croquantes à volonté, je trouve encore le moyen de chasser et de tuer.
Nous sommes comme ça les chats: des félins. Nous n'avons pas besoin d'avoir faim
pour chasser.
Mais je m'en souviens toujours trop tard, quand il me traite de tous les noms
d'oiseaux...
StA le 01/05/08.