Les chats, encore les chats et toujours les chats. Une jolie chatte écaille de tortue: "Pivoine" (c'est la fleur préférée de papa). Une grisounette: "pichenette", maman de "pirate" gris et blanc, le flibustier du jardin. D'origine gouttière: "question" parcequ'elle a la queue en point d'interrogation. Une maison de pierre, un jardin, une famille remplie d'amour. Un papa qui murmure à leurs petites oreilles, et retrace leurs aventures...et le reste...
Mon coeur a fait un bond et malgré moi, la loco démarre: ronron
ronron et
ronronron. --
- Écoutes Question, c'est la voiture de Papa !
Et nous voilà toutes les deux le nez collé aux carreaux.
Ils sont revenus...Six jours sans eux...
Durant leur absence, mon petit frère Emmanuel s'est bien occupé de nous. Il
est venu chaque soir nous ouvrir la porte de la maison suivant les consignes de maman. Chaque matin, avant de partir travailler, il est passé voir si tout allait
bien, a changé la caisse, un peu de lait, des croquettes, et des boîtes chères tous les jours !
Bien sûr, tout comme eux au loin, c'était l'hôtel quatre étoiles; mais leur
absence...C'est long six jours sans caresses, sans petits mots doux., à dormir sur un lit vide, sans un doigt dans le p'tit cou, un gratouillis entre les deux oreilles, un mot
câlin...
D'autant plus qu'ils ne nous ont pas prévenu. J'ai bien vu maman trier leurs
affaires, mais j'ai cru qu'elle sortait les vêtements d'hiver. Non, elle préparait les valises.
Le jour de leur départ, avec question, nous étions parties régler un problême de
territoire au bout de la grande pièce d'eau; mais lorsque nous sommes rentrées, la porte était close. Et puis il pleuvait, et le ciel était tout gris, comme dans nos petits coeurs. Il a fallu
attendre Manou le soir qui nous a expliqué.
C'est triste la vie sans eux. Le plus difficile est le manque créé par leur
absence; et ce vide dans la maison silencieuse.
Leur présence, c'est comme une bouffée de soleil. C'est le vieux chêne qui
travaille et fait craquer la maison, c'est la porte de la cuisine s'ouvrant sur le jardin, et qui fait doucement tinter les mobiles de bois accrochés aux rideaux, le réfrigérateur qui se met
en route comme si on allait l'ouvrir, et en sortir un tendre gésier coupé en petits dés, c'est cette odeur de mûres qui traîne derrière maman traversant le salon, la douce
chaleur du feu dans la cheminée qui réchauffe ma fourrure.
Leur présence, c'est cette multitude de petits bruits de la vie de tous les
jours qui peuplent le silence. Ils sont revenus. Ils entrent dans la maison:
- Bonjour les fifilles à quatre pattes ! bonjour Pivoine !
Comme tout chat qui se respecte, il n'est pas question de leur montrer une
seule seconde que je suis tellement heureuse. Nous les chats sommes extrêmement rancuniers, surtout quand on nous abandonne six longs jours. Alors, je joue
l'indifférence, je regarde ailleurs. je compte jusqu'à dix et la queue en l'air, je me jette dans leurs gambettes miaulant et ronronnant comme jamais. C'est ça l'amour...
StA le 9/10/O8.