Les chats, encore les chats et toujours les chats. Une jolie chatte écaille de tortue: "Pivoine" (c'est la fleur préférée de papa). Une grisounette: "pichenette", maman de "pirate" gris et blanc, le flibustier du jardin. D'origine gouttière: "question" parcequ'elle a la queue en point d'interrogation. Une maison de pierre, un jardin, une famille remplie d'amour. Un papa qui murmure à leurs petites oreilles, et retrace leurs aventures...et le reste...
C'est un petit canapé deux places avec ses copains les deux fauteuils à armature en bois des années trente. Il faisait partie du
mobilier de la très belle maison signée "Guimard" que possédait le grand-père de papa, dans le seizième arrondissement de paris, " Villa de la réunion" , rue Chardon
Lagache.
A l'époque, le grand-père Henri, grossiste en
bois, aurait été obligé de travailler avec les allemands. Il a préféré vendre ce qu'il possédait, et se retirer près de Rambouillet, où nous vivons aujourd'hui.
Les meubles ont été dispersés dans la famille, et le canapé s'est endormi avec ses deux fauteuils dans un grenier chez la soeur du père de papa, une adorable dame, la tante Simone. Les années ont passées.
La maison devant être vendue, le canapé et ses fauteuils, m'ont été confiés afin qu'ils restent dans la famille. Ils ont alors retrouvé la chaleur d'un foyer, et il y a quelques années, maman et sa soeur ont décidé de les restaurer.
Une fois réallignés les vieux ressorts, elles ont choisi pour les recouvrir un tissus velours aux couleurs sombres et chaudes où se mêlent avec bonheur marron glacé, beige, orange, la blondeur des blés, et la douceur du châtaignier. le bois de chêne ciré et ses petits clous dorés laissent espérer un confort ouaté.
Le canapé et ses deux fauteuils participent aujourd'hui à la chaude ambiance de notre salon.
Maman l'a placé devant une des porte-fenêtres, le dos au jardin. Les deux fauteuils semblent lui tenir conversation.
C'est en sa douce compagnie, allongée de tout mon long sur son dos, que je prends tant de plaisir à m'endormir l'échine caressée par le soleil. L'hiver, j'aime à me prélasser sur son bras les papattes pendantes, à proximité d'un radiateur à chaleur rayonnante qui remplace alors les rayons du soleil. Papa vient quelquefois s'y asseoir à mes côtés le faisant grincer de tous ses bois.
Mes griffes accrochées dans le velours, je suis certaine de ne pas glisser et je peux me laisser aller à mes rêves les plus fous.
StA le 27 AVRIL 2012